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Gotlib est mort, vive Gotlib !

Dimanche 4 décembre s'éteignait à l'âge de 82 ans l'humoriste et dessinateur Gotlib, roi de l’humour grinçant.

 

Il aura été un pionnier de l'humour absurde et grinçant. Gotlib, de son vrais nom Marcel Gotlieb débuta sa carrière dans les années 60 en publiant dans des périodiques comme Vaillant, Pilote et Pif Gadget avant de fonder en 1972 avec Claire Bretécher et Nikita Mandryka L'écho des savanes. Puis en 1975 l’irrévérencieux Fluide Glacial  en compagnie de Alexis et Jacques Diament. Il a fortement participé à faire entrer la Bande dessinée dans le monde des adultes et inspiré toute une génération d'auteurs et d'humoristes. Primé et récompensé à de nombreuses reprises pour son travail, il remporte le prestigieux grand Prix du festival international de la bande dessinée d’Angoulême en 1991 peu après avoir été fait officier des Arts et des Lettres en 1990. C’est en 1986 qu’il signera son dernier album, peu après la mort de sa mère. Le dessin a pour lui quelque chose de très profond, voire cathartique. Il s’exprimera plus particulièrement au travers de sa touchante autobiographie J’existe : Je me suis rencontré où il raconte avec un ton à la fois léger et profond  son enfance d’enfant juif en orphelinat et en pension durant la seconde guerre mondiale alors que son père a été déporté.

Dessinateur perfectionniste et amuseur de talent, il aura fait rire plusieurs générations de lecteur et inspire tout autant ses compères bédéistes  avec Les Dingodossiers, histoires satiriques scénarisées par René Goscinny, Superdupont parodie ultra française des héros du comics américain, dopé au pâté de campagne et au vignoble français, moquerie contre le chauvinisme français et la xénophobie. Mais aussi le Gai-Luron, le chien au sourire le plus éclatant de la bande dessiné avec son humour piquant ou encore Rubrique-à-brac, joyeux fouillis d’histoires disparates mêlant des personnages emblématiques comme Isaac Newton, le professeur Burp, le commissaire Bougret et son adjoint Charolles ainsi que la mythique coccinelle.

 

Nous disons donc adieu à un colosse de la bande dessinée franco-belge et de l’humour. En guise de conclusion, je vous somme donc de vous précipiter sur son œuvre et de la lire sans modération ! Quelle plus belle façon de rendre hommage à cet immense artiste que de découvrir ou redécouvrir son travail et son œuvre ?