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L’Ici et l’ailleurs : un festival pour s’ouvrir sur le monde

Le Festival L’ici et l’ailleurs est une de ces pépites culturelles que l’on trouve en Saône-et-Loire. Chaque année depuis 13 ans, l’association Les Films de la Guyotte réunit pendant 4 jours une sélection de documentaires sur les vies locales d’ici et d’ailleurs, une projection sur notre quotidien et celui des autres loin de nous. Les fondateurs du festival, Gilbert Loreaux et Violaine Labrusse, et son directeur artistique, Chris Almodovar, nous en disent plus sur cet événement devenu incontournable dans le monde des documentaires.


Affiche festival l'ici et l'ailleurs

BDSL : Comment est né le festival et depuis quand existe-t-il ?

Gilbert Loreaux fondateur avec Violaine Labrusse de L'ici et l'ailleurs :

Nous sommes deux documentaristes et nous avons tourné de nombreux films pour la télévision, pour des magazines comme « Sirocco » sur TF1 ou « Faut pas rêver » et « Thalassa » sur France 3 entre autres. Entre 1980 et 2000, nous avons filmé aux quatre coins du monde, du Japon au désert du Ténéré en passant par la Laponie, l’Himalaya ou l'Antarctique, avant de poser nos valises à Saint Martin en Bresse en 2002. On avait envie de changer notre façon de faire des documentaires, de vivre au plus près de gens et donc de prendre le temps de les filmer au jour le jour et même parfois pendant toute une année.
Notre premier documentaire  en 2003, en Bresse bourguignonne « Le temps du muguet » racontait la frénésie qui empare la commune de St-Bonnet-en-Bresse à l'approche du 1er mai. Le maire de St-Bonnet-en-Bresse, Guy Bouchard, nous a aidé pour réunir tous les personnages du film, les cueilleurs de muguet des bois et les acheteurs sur le marché du village, qui vont revendre le muguet aux fleuristes à Paris.

Pour remercier les gens de St-Bonnet, nous avons organisé une avant-première dans la salle des fêtes devant plus de 200 personnes. Le film a été un succès d'audience sur France 3 et devant l'enthousiasme de la population, nous avons proposé au maire de faire venir des amis documentaristes pour présenter des films venus d'ailleurs. C'est comme ça que le festival l'ici et l'ailleurs est né à St-Bonnet-en-Bresse avec dès la première année, des projections à l'Ecomusée de Pierre-de-Bresse pour élargir le cercle du public. Nous ne voulions pas que ce festival soit l'événement d'une seule commune, mais au contraire rayonne sur tout le territoire de la Bresse bourguignonne et l'Ecomusée était le lieu idéal pour cette ouverture. À cette époque, Pierre Joxe, Président de l'Ecomusée qui nous a ouvert grand les portes du château et depuis, notre collaboration avec Dominique Rivière, conservateur en chef de l'Ecomusée n'a jamais cessé. La journée du dimanche se passe au château ainsi que la journée du lundi consacrée aux scolaires. Par ailleurs, une grande partie des réalisateurs invités est logée au gîte du château qui offre aux festivaliers un décor  grandiose.

Dès la deuxième édition du festival en 2006, nous avons intégré la commune de St-Martin-en-Bresse. C'est la commune où nous vivons et où nous avons créé Les Films de la Guyotte. Il faut noter que nous avons énormément de soutien des habitants de St-Bonnet et St-Martin-en-Bresse, certains hébergent des invités, et de belles histoires d'amitiés se sont écrites entre les documentaristes venus d'ailleurs et les gens d'ici.

 

BDSL : À  qui s’adresse-t-il ?

Chris Almodovar, documentaliste au collège de St-Martin-en-Bresse, vice-président des Films de la Guyotte et directeur artistique du festival :

C’est un festival vraiment grand public, ouvert à tous. On peut y aller en toute simplicité à la rencontre des réalisateurs invités, contrairement à d’autres manifestations plus en vue mais aussi plus guindées. Le principe est de parler des gens d’ici, de leur préoccupations mais aussi d’établir des ponts avec l’ailleurs. C’est un festival d’ouverture totale. Cette année, on a failli le sous-titrer  « est-ce ainsi que les hommes vivent ».

 

BDSL : Comment sélectionnez vous les documentaires qui sont présentés ?

Chris Almodovar : Un certain nombre de films nous sont proposés par des documentaristes qui ont déjà fréquenté le festival par le passé et qui ont à cœur de revenir et de participer à un évènement avant tout convivial. Le bouche à oreille fonctionne également très bien.

Mais, depuis la création de notre site web, ainsi que d’une page Facebook, les films arrivent de tous les horizons. Cette année, par la page d’inscription de notre site, nous avons enregistré la candidature de plus d’une centaine de films. Pour un directeur artistique, c’est à la fois une bénédiction et un vrai casse-tête d’un point de vue logistique car il faut bien sûr visionner toutes les productions, et dans un temps limité. C’est la raison pour laquelle Jean-Luc Cohen et moi-même avons décidé de créer un comité de sélection élargi constitué de jeunes documentaristes basés sur Paris.

Les films sont retenus en fonction de leur sujet et de la qualité de leur traitement. Mais le plus souvent, on fonctionne au coup de cœur. Et comme il faut que le festival reste grand public, on évite les films « expérimentaux » ou encore les films dont les images nous paraissent trop violentes. À l’arrivée, nous cherchons un certain équilibre entre  des sujets « sérieux » et d’autres plus « légers ».  Équilibre aussi entre les films qui nous parlent de chez nous et ceux qui nous emportent ailleurs. Cette année, nous emmènerons nos spectateurs en Bresse, bien sûr, mais aussi au Bénin, en passant par l’Ardèche, le Limousin, la Croatie,  l’Egypte, l’Inde, le Chili et l’Arctique …

 

BDSL : Y a-t-il d’autres événements organisés autour du festival ?

Gilbert Loreaux: Le festival est aussi une vitrine pour les productions des Films de la Guyotte. Depuis  plusieurs années déjà, nous animons des ateliers documentaires avec le collège de St-Martin-en-Bresse en collaboration avec Chris Almodovar. Les films réalisés par les collégiens sont projetés  lors de séances spéciales pour les scolaires. Les Films de la Guyotte avec le soutien du Conseil départemental produisent également une collection de films courts intitulée : « Chronique de la vie ordinaire ». Cette année deux chroniques sont au programme du festival. « Ma vie d'apprentie »  le vécu d'une jeune apprentie coiffeuse à Ciel, et  « Le nono de Dédé » sur des vendanges de Noah en Bresse bourguignonne. Nous proposons aussi aux scolaires une journée indienne à l'Ecomusée de Pierre de Bresse, avec la rencontre d'un documentariste indien Mukul Mangalik professeur d'histoire à l'Université de Delhi.

 

BDSL : Qui sera le jury de l’édition 2017 ?

Chris Almodovar : Le jury est constitué de professionnels du monde des médias. Cette année, le Président du jury sera Edouard Mills Affif, documentariste et enseignant de cinéma à Paris VII. Nous présenterons d’ailleurs son très beau film « La fiancée du Nil » dans lequel il dresse le portrait d’une jeune égyptienne obligée d’épouser l’homme qu’on lui a choisi. Ce film sera évidemment projeté hors compétition.
Notre président sera entouré de documentaristes comme Jeanne Mascolo de Filippis, Sabrina Tenfiche, Louis Bastin et Mukul Mangalik. La presse locale sera représentée par Marie-Ange Pigot, écrivain et chroniqueuse littéraire sur Radio Bresse et L’Indépendant du Louhannais.

 

BDSL : Quelques mots sur l’association des films de la Guyotte

Gilbert Loreaux et Violaine Labrusse :Nous avons créé l'association en 2004 afin d’avoir une vitrine pour nos productions locales.  L’association s’est donnée pour but de filmer et promouvoir les images du XXIe siècle au quotidien, de sauvegarder la mémoire des anciens, témoins de l’histoire, de créer un fonds d’archives. Nous avons coproduit avec France 3 Bourgogne cinq documentaires de 52 minutes Le temps du Muguet, La saison des chapons, Jour de pêche, Gens de Saône, Le renard et nous, et plus de dix chroniques de la vie ordinaire avec le soutien du Conseil départemental, Le Bibliobus, La foire de la Balme, Le piégeur de renard, Les conscrits,  Bouilleurs de crû... pour en citer quelques unes. Aujourd'hui, nous sommes 10 adhérents aux Films de la Guyotte, ce qui est le minimum pour gérer le festival, sans oublier les nombreux bénévoles et les comités des fêtes de St-Bonnet et St-Martin-en-Bresse. En plus du festival et de la production de nos chroniques de la vie ordinaire, les Films de la Guyotte animent des ateliers photo – vidéo dans le cadre des activités périscolaires ainsi qu'un atelier cinéma au collège Olivier de la Marche, toujours en collaboration avec Chris Almodovar.

 

Consultez le programme de l’édition 2017

http://licietlailleurs.com/pdf/programme-2017.pdf

 

Quelques vidéos des Films de la Guyotte

 

la nouvelle place de Les Films de la Guyotte sur Vimeo.

 

chronique de la vie ordinaire, rue du bourg de Les Films de la Guyotte sur Vimeo.

 

 

la répétition de Les Films de la Guyotte sur Vimeo.