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Ma langue est mon territoire

Couverture du recueil Ma langue est mon territoireC’est le titre d’un recueil de nouvelles (2001) écrites et traduites pour l'occasion mais aussi d'extraits de textes plus anciens qui appartiennent à la littérature arabe. La plupart des auteurs représentés ici ont émigré en Europe ou en Amérique du Nord et leur travail a été fécondé par les littératures occidentales.


Dans ce recueil de textes, les thèmes de l'exil, de la guerre (en Algérie, en Irak...), le sort fait aux femmes mais aussi le questionnement sur l'identité et la langue maternelle sont très présents. Pour l’auteure irakienne Alia MAMDOUH : Une expérience de vie dans des lieux divers, comme ce fut mon cas, me déplaçant entre Beyrouth, Rabat, la Grande-Bretagne et Paris, est l’un des moyens de se découvrir et de découvrir son pays avant même de découvrir le pays hôte vers lequel on a émigré. Cette expérience est un bienfait divin inestimable : le fait d’être multiple et libre dans la diversité, tout en restant une partie d’un tout, son pays.

Face à l’exil ou à l’émigration, la langue devient le refuge, l’outil qui permet de se découvrir ou de se redécouvrir, mais toujours en se pensant comme membre d’une communauté plus vaste, l’humanité.

Écoutons Abdellatif LAABI, auteur marocain, dans Manifeste :
Ici La Voix des Arabes libres. Hommes et femmes refusant l'uniforme simiesque, le garde-à-vous, l'hymne vengeur, les bruits de bottes, les marches forcées, les barbelés de la patrie, la bêtise des consensus, la peste de l'orgueil, la prison de l'unique langue, de la religion unique, le folklore débilitant des signes distinctifs : coiffures, couvre-chefs, fichus, barbes, maquillage, médaillons, pendentifs, anneaux, chapelets, amulettes et toute la quincaillerie-bimbeloterie ayant servi depuis belle lurette à bercer les peuples innocents.

La langue, comme un territoire, se façonne au gré des rencontres et des histoires. Amin MAALOUF a raison : Qu’est-ce que je suis ? Je suis une histoire.