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Retour sur le premier festival des histoires vraies

 Vendredi 14 Juillet : Un jour de fête !

Pour commencer on entre dans le vif du sujet avec une discussion entre Florence Aubenas et Marie Desplechin. Echange de questions entre les 2 copines, « dans la vie et au boulot » précisent-elles. Il est question du métier de journaliste, de la mise à distance de l’émotion dans les situations dramatiques, de l’implication ou non… Marie Desplechin évoque la petite fille qu’elle a reçu chez elle, son histoire avec la lecture. Récit retracé dans son dernier livre qui paraîtra prochainement. Pour la revue XXI,  Marie Desplechin a fait le portrait de Damien Carême, maire EELV de Grande-Synthe en automne dernier concernant son action en faveur des migrants.

 

Puis en grimpant à la cathédrale en haut de la vieille ville on tombe sur une exposition de cartes postales et lettres géantes échangées entre Albert Londres et sa fille Florise. Tandis que sur les marches du grandiose édifice des intervenants de différentes confessions religieuses dialoguent. Même l’évêque d’Autun participe au festival ! Est-il choqué de l’exposition sur le tourisme sexuel aux Philippines qui orne les grilles du jardin de la cathédrale ?


Il est fort ce Thibaut Brugat-Dreux… D’ailleurs je vais partir à sa recherche pour le remercier de son accueil. Problème, je ne l’ai eu qu’au téléphone. J’enquête à mon tour pour savoir comment le reconnaître.

Plus loin dans une Chapelle des Ursulines bondée, des témoignages de Svetlana Alexievitch relatés dans « La fin de l’homme rouge » sont lus par un comédien. Impossible de rentrer, même pour l‘intervention suivante toujours sur la Russie. Le public ne sort pas gardant égoïstement sa place.

 

Qu’à cela ne tienne, plus loin Ondine Millot raconte des histoires de crimes passionnels dessinées simultanément par Hippolyte et projetées. Tirés de son livre « L’amour à mort » ces récits de vie retracent le parcours des coupables. Qu’est-ce qui les amené au meurtre ? Ondine Millot, journaliste judiciaire a enquêté sur leur passé.

Déjà 18h … fin du premier jour et je suis frustrée de ne pas avoir vu tout ce que je voulais, même pas Thibaut… on verra demain !

 Samedi 15 Juillet : De Autun à Bibracte

Le lendemain, décidée à assister à la conférence de mon choix, je suis la première à l’hôtel de ville. La thématique est « La BD du réel » et en lectrice assidue de BD documentaire ça m’intéresse au plus haut point. Jean-Christophe Ogier décerne chaque année le prix France Info de la bande-dessinée d’actualité et de reportage. Il part de « Tintin au pays de l’or noir », réédité et actualisé par Hergé lui-même, pour montrer comment le réel est passé de décor dans la BD, à sujet à part entière avec Spiegelman, Sacco, E. Guibert, E. Lepage… Projection de planches, décryptage de vignettes et pour finir accueil d’auteurs. Super !

 

Mosaïque de photos du festival

 

C’est pas tout ça il faut laisser la place aux suivants. Direction les « Conférences de la place » sur le Champ de Mars où se déroule un débat entre P. de St-Exupéry, L. Beccaria, Ch. Boltanski sur l’aventure de 6 mois et XXI. Stéphane Paoli en parfait maître de cérémonie dirige les échanges et participe lui-même activement évoquant notamment Paul Virilio et citant opportunément de grands auteurs. La vision du journalisme qui anime ces hommes et a présidé à la création des 2 mooks est novatrice dans le métier tel qu’il est pratiqué aujourd’hui. J’ai aimé leur discussion concernant la part de subjectivité, la position du journaliste, la culture personnelle et l’interaction avec la retranscription des faits. Génial et applaudi par le public à plusieurs reprises. Les questions qui ont suivi se terminent par l’évocation du décès du juge Jean-Pierre, commentaire et réponse de Laurent Beccaria. Quelqu’un note la parfaite façon de s’exprimer dans un français irréprochable de tous ces intervenants contrairement à la langue souvent utilisée dans la presse.

 

Les chaises longues sont confortables et la place est assez vaste pour accueillir tout le monde donc quitte à me passer de déjeuner j’attends le débat suivant. Thématique : comment agir localement ? Avec de nouveau Damien Carême, maire de Gde-Synthe, A.-M. Ducreux maire du village de St Léger-sous-Beuvray, R. Rebeyrotte député, Th. Mandon ancien secrétaire d’Etat animé par Ch. Boltanski rédacteur en chef de XXI. Il est question de solutions envisagées où mises en place par les différents protagonistes pour changer, améliorer, les politiques locales concernant, l’environnement, l’alimentation, le transport… le collectif prôné comme vade-mecum avec des exemples de cantines bio à Gde Synthe, de circuits courts impliquant les producteurs locaux, de chauffage collectif au bois pour des structures municipales, d’une centrale de recharge électrique pour les véhicules fonctionnant à l’énergie solaire à Autun, d’électricité verte (produite par des éoliennes ou des panneaux solaires), du secteur de la recherche et des techniques environnementales  créatrice  d’emplois… La nécessité de se mobiliser, de se prendre en charge, de ne pas tout attendre d’un Etat centralisateur et jacobin est clairement dite et mise en œuvre par ces responsables. Ils confirment le rôle des maires, leur pouvoir de décision et le poids qu’ils peuvent avoir collectivement.

Le sous-préfet présent dans l’assistance fait remarquer que l’Etat n’est pas invité donc il ne doit pas être un acteur local… et de souligner l’action de celui-ci au quotidien ! Dont acte …

 Quelques coups de soleil plus tard…

Bon, un sandwich en regardant l’exposition photographique sur les Manouches évangélistes et c’est reparti. Tout est prévu, buvettes, restauration avec produits locaux ou non, toilettes sèches…

Un petit tour par curiosité à « La Promesse de l’Aube » vue dans l’émission « La Grande Librairie ». Devant la librairie un grand stand achalandé avec tous les ouvrages des intervenants du festival et plus loin un panneau qui signale les dédicaces et l’ouverture jusqu’à 22h chaque soir. Au moins ils jouent le jeu, apparemment ça n’est pas l’unanimité chez les commerçants. « La greffe a été difficile » me confie le libraire.

D’un côté de la rue Ondine Millot installée sur une petite table en plein soleil signe stoïquement son livre ; de l’autre Emmanuel Guibert, très sollicité, dessine tranquillement ses dédicaces d’ « Ariol « pour les petits, du « Photographe », de « L’enfance » puis « La guerre d’Alan »… ses BD reportage, en discutant avec les lecteurs. D’une gentillesse extraordinaire, il explique patiemment aux personnes qui ne connaissent pas ses livres de quoi il s’agit. Belle rencontre !

 

Aller, il est 15h !  Juste le temps de voir une autre expo en savourant une glace avant de quitter Autun pour le site de Bibracte où a lieu la suite des festivités. Sur la place, un reportage photos de Johan Bävman sur les pères au foyer en Suède.

 

Il fait chaud ! Heureusement le chemin pour l’ascension du mont Beuvray est à 30 mn en forêt. Le site est superbe, quelle bonne idée de déconcentrer le festival.

Photo du festival durant une conférence

Des animations, des ateliers pour les plus jeunes et entre autres un coin lecture d’histoires vraies. Je découvre un titre génial grâce à l’acteur Xavier de Guillebon « Lettre au dernier grand pingouin » de Jean-Luc Porquet dans lequel l’auteur traite de la disparition de cette espèce et interpelle l’homme. Plus tard je discuterai avec X. de la disparition des espèces, passée, actuelle et à venir. Encore une chouette rencontre !

Pour sa part, Marie Desplechin lit des extraits de « L'école de ma vie » , dans lequel elle relate son expérience avec la fillette qu’elle a recueillie et dont elle avait parrainé la famille.

Tout le monde attend avec impatience le lancement du nouvel hebdo de 6 mois et XXI qui sortira en 2018. Le temps de réunir les personnes dispersées aux quatre coins du site, d’installer le matériel pour filmer y compris le drone et voilà l’équipe au complet. Enfin, la foule est assise et tous sont en place. Ici pas de podium, la volonté est d’être parmi nous. Chacun se présente à tour de rôle, se passe le micro et nous fait part de ses motivations pour intégrer soit l’équipe éditoriale de XXI et 6 mois, soit le métier de journaliste. C’est émouvant, les personnalités se mettent à nu avec leurs caractères, leurs dissemblances ou non.

Puis le vainqueur du concours d’idée pour trouver le nom de la revue est appelé et lui aussi nous fait part de ce qui l’intéresse dans la vie, de sa manière de voir les choses. « Ebdo » tout simplement « parce que le monde est b’do » dit-il ! OK tiré par les cheveux, il nous avait prévenus !

Vivement la prochaine édition et la sortie d'Ebdo !